Les cellules souches «restaurent la vue»

Un nouveau traitement à base de cellules souches a rendu la vue à un homme partiellement aveugle, rapporte The Guardian. Le journal a déclaré que des cellules souches cultivées sur une membrane spéciale ont été utilisées pour traiter le patient et sept autres personnes ayant perdu la vue.

Cet essai expérimental a été réalisé chez des patients présentant une déficience en cellules souches limbiques, une maladie oculaire douloureuse qui empêche la cornée de se renouveler elle-même.

Cette technique a montré un bon résultat préliminaire dans ce groupe de personnes. Cependant, un plus grand essai avec un suivi plus long est nécessaire pour déterminer si le traitement est fiable, sûr et efficace à long terme.

D’où vient l’histoire?

Cette recherche a été réalisée par le Dr Sai Kolli et ses collègues de l’Université de Newcastle. L’étude a été publiée dans la revue translationnelle et clinique Stem Cells revue par des pairs.

La presse s’est concentrée sur les expériences et les résultats de l’un des huit patients de l’essai. La science était représentée équitablement, mais la mesure dans laquelle la vision s’améliorait variait selon les patients.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Ce fut un essai qui a exploré si les cellules transplantées pourraient être utilisées pour restaurer la vision des personnes ayant des dommages à la cornée.

La recherche comportait deux parties. La première phase visait à optimiser la préparation des tissus pour un nouveau type de chirurgie oculaire, la seconde était un essai de la nouvelle technique et des optimisations des chercheurs. Les bénéficiaires ont ensuite été suivis pour évaluer les résultats et les effets secondaires potentiels de la technique. Leurs expériences ont été rapportées à travers une série de cas.

La cornée est la couche claire et rigide recouvrant le devant de l’œil. Sa clarté et sa surface régulière sont essentielles pour focaliser la lumière sur la rétine. Les cellules sur la surface de la cornée sont continuellement perdues dans les liquides larmoyants qui entourent l’œil, et elles sont remplacées à l’aide d’un réservoir de cellules souches limbiques (CSL). On pense que les CSL se trouvent dans une couche de la cornée appelée l’épithélium limbique.

Une blessure à la source des CSL peut empêcher la cornée de se renouveler, entraînant une inflammation, des cicatrices et une perte de vision. Ce manque de CSL est connu sous le nom de carence en cellules souches limbiques (LSCD). Les traitements existants pour la déficience comprennent des greffes de cornée ou des greffes de l’épithélium limbique. Récemment, il a été possible de cultiver des couches de l’épithélium limbique dans des cultures de tissus, ce qui signifie que suffisamment de tissu peut être produit pour tenter une greffe thérapeutique.

Comme il s’agit d’une toute nouvelle technique, il n’y a pas de conseils spécifiques pour les médecins. Les chercheurs ont voulu raffiner la technique, enlever tous les produits animaux qui pourraient faire partie du processus de culture cellulaire, et tester la technique sur une gamme de personnes présentant des degrés similaires de lésions oculaires.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont recruté huit patients (sept hommes et une femme) qui avaient complet LSCD dans un œil.

Les chercheurs ont effectué une biopsie pour prendre un petit échantillon de l’épithélium limbique de l’œil sain du patient. Ces cellules ont ensuite été cultivées en culture cellulaire. Les patients ont également donné un échantillon de sang à partir duquel les chercheurs ont pu purifier un sérum contenant les nutriments dont les cellules avaient besoin pour se développer. Cela signifiait que les chercheurs n’avaient pas besoin d’utiliser du sérum isolé des animaux.

Parfois, le développement de cellules en culture cellulaire nécessite la présence d’autres cellules pour leur donner d’autres nutriments qui les aident à grandir. Les cellules de biopsie ont été cultivées sur des cellules du sac amniotique (matrice de l’utérus), qui avaient été données par des femmes qui avaient accouché par césarienne. Dans cet environnement, les cellules de l’épithélium limbique ont pu se multiplier. Les chercheurs ont ensuite optimisé les conditions de croissance des cellules.

Après 12 jours, les cellules de l’épithélium limbique ont été transplantées sur l’œil malsain des patients. Les patients ont été traités avec des antibiotiques et des collyres stéroïdiens, plus le sérum qui avait été isolé de leur sang. Après l’opération, les patients ont été suivis pendant 19 mois en moyenne, évaluant leur douleur et effectuant des tests oculaires.

Les chercheurs ont également évalué la santé des cornées des patients en examinant s’ils avaient des vaisseaux sanguins anormaux et si la cornée était claire.

Quels ont été les résultats de base?

Les chercheurs ont constaté que le remplacement des produits d’origine animale par des produits dérivés de l’homme en culture n’influençait pas la croissance des cellules. Il s’agissait donc d’une option viable dans leur protocole de culture cellulaire.

Dans l’ensemble, tous les patients présentaient une diminution de la douleur et une augmentation de l’acuité visuelle. Les mesures de la structure de la cornée ont également montré une amélioration après la chirurgie. Il y avait moins de vaisseaux sanguins anormaux dans la cornée, et les cornées étaient moins opaques après la chirurgie.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs ont conclu qu’ils ont réussi à introduire un sérum exempt d’animaux dans leur technique de culture cellulaire pour multiplier les cellules souches limbiques. Ces cellules ont été utilisées pour inverser avec succès le LSCD dans une population contrôlée, et ont montré une amélioration des mesures de résultats subjectifs et objectifs prédéfinis pour tous les patients qu’ils ont traités.

Conclusion

Cette étude décrit à la fois un protocole pour la croissance des cellules souches limbiques et une méthode de transplantation qui semble être un traitement efficace pour les personnes dont les cellules souches limbiques ont été épuisées suite à une blessure.

Cependant, les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude préliminaire. Comme ils n’ont suivi qu’un petit nombre de patients pendant deux ans, on ne sait pas quel serait le résultat à long terme de ce traitement.

La technique nécessite des cellules oculaires provenant de l’œil sain d’un patient. Cela signifie que les personnes atteintes de lésions des deux cornées pourraient ne pas être aidées par cette technique expérimentale si elle devient éventuellement une pratique médicale. La nouvelle méthode de culture des cellules souches nécessite également des cellules à cultiver sur un morceau de sac amniotique, mais les dons de ce tissu sont susceptibles d’être relativement rares. Les chercheurs suggèrent de trouver un matériau différent sur lequel cultiver les cellules.

Cette technique a montré un bon résultat préliminaire pour les personnes atteintes de lésions cornéennes. Cependant, un essai plus important avec un suivi à plus long terme est nécessaire. Plus de recherche est nécessaire à travers des études comparatives afin de déterminer si cette nouvelle approche conduit à de meilleurs résultats pour les patients atteints de ce type de lésion cornéenne. De plus, une déficience visuelle peut survenir pour de nombreuses raisons médicales. Il n’est pas clair si cette technique pourrait avoir un impact sur le traitement de ces problèmes.